RÉSISTER AU CAPITALISME ACADÉMIQUE : UN ESSAI SUR LA JUSTICE ÉPISTÉMIQUE

Auteurs

  • ARNAUD Charlène Université Toulouse-III Paul Sabatier, Toulouse, France
  • BERRIER-LUCAS celine Institut Supérieur de Gestion - ISG Paris Business School, Paris France
  • BLANCHET Vivien Burgundy School of Business, Université Bourgogne Franche-Comté, Dijon, France
  • RAMBOARISATA Lovasoa Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES)

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https://doi.org/10.54695/ror.211.0008

Mots-clés:

justice épistémique ; capitalisme académique ; publication scientifique ; approches critiques ; savoirs

Résumé

Le capitalisme académique structure la production et la circulation des savoirs par des processus d’extraction, de marchandisation, d’exploitation et d’aliénation. Les revues scientifiques constituent des lieux privilégiés pour observer ces pratiques et leurs effets. Soumises à des injonctions contradictoires, elles reproduisent certaines normes du capitalisme académique tout en ouvrant des espaces propices aux réflexions critiques. Pour analyser ces pratiques paradoxales, nous mobilisons la notion de justice épistémique, entendue comme la reconnaissance et la valorisation équitable de toutes les voix impliquées dans la production et la circulation des savoirs. Enrichie des apports des approches décoloniales et féministes, cette notion permet de proposer des critères pour évaluer les injustices, d’articuler différentes échelles d’analyse et d’orienter l’attention vers les pratiques de transformation. À partir de ce cadre, nous menons une analyse réflexive des pratiques éditoriales de la Revue de l’Organisation Responsable (ROR) et discutons la portée et les limites de quatre tactiques : faciliter l’expression plurivocale, décentrer les normes linguistiques et épistémiques, reconnaître les contributions, et diversifier les formats éditoriaux. Inscrites dans le capitalisme académique, ces pratiques permettent de faire résonner des voix marginalisées, de contester les normes dominantes, de valoriser les apports de toutes les contributrices et tous les contributeurs et d’ouvrir des espaces pluriels d’expression. En définitive, cet essai contribue à éclairer comment les organisations scientifiques peuvent articuler critique et action et propose un cadre pour transformer les régimes de production et de circulation des savoirs.

Biographie de l'auteur

ARNAUD Charlène , Université Toulouse-III Paul Sabatier, Toulouse, France

Laboratoire LGTO, INRAE UMR AGIR

Publiée

2026-03-16